Visible depuis toute la plaine du Roussillon et jusqu’à la mer, le Canigou est la montagne sacrée des Catalans. La randonnée du pic du Canigou (2 784 m) par le refuge de Mariailles et la fameuse « cheminée » est l’ascension la plus recherchée des Pyrénées-Orientales : un grand itinéraire de montagne, long et exigeant, qui se termine par un couloir rocheux où l’on progresse avec les mains. Voici l’itinéraire, les variantes plus faciles, les règles d’accès au massif et nos conseils.
Sommaire
ToggleFiche technique
| Distance | Environ 16 à 17 km aller-retour depuis le refuge de Mariailles ; 23 à 25 km depuis le col de Jou |
|---|---|
| Dénivelé | Environ 1 100 à 1 200 m depuis Mariailles ; 1 700 à 1 800 m depuis le col de Jou |
| Durée | 6 h 30 à 7 h aller-retour depuis Mariailles ; 9 à 10 h depuis le col de Jou (idéalement en 2 jours avec une nuit au refuge) |
| Niveau | Difficile : longue course, passage de la cheminée non équipé |
| Type | Aller-retour (ou boucle par les Cortalets pour éviter de redescendre la cheminée) |
| Départ | Col de Jou (environ 1 125 m), au-dessus de Casteil et Vernet-les-Bains (66) ; refuge de Mariailles (environ 1 720 m) |
| Balisage | GR 10 jusqu’au refuge de Mariailles, puis sentier marqué et cairns |
| Meilleure période | De fin juin à début octobre, en l’absence de neige |
Données indicatives, d’après le refuge de Mariailles et des topos de randonnée ; elles varient selon les sources. Les règles de circulation sur les pistes du massif évoluent : vérifiez-les avant de partir.
Cliquez sur un repère pour découvrir la randonnée. Durées et distances indicatives : préparez toujours votre itinéraire avec une carte IGN ou un topoguide.
Le Canigou, montagne sacrée des Catalans
Avec ses 2 784 m, le Canigou (Canigó en catalan) n’est pas le plus haut sommet des Pyrénées, mais c’est l’un des plus emblématiques. Il se dresse à l’extrémité orientale de la chaîne et domine de toute sa hauteur la plaine du Roussillon. Cette position avancée lui donne une silhouette reconnaissable de très loin et un panorama immense depuis le sommet, de la côte aux grands sommets pyrénéens.
Le massif est labellisé Grand Site de France depuis 2012, sous le nom de « massif du Canigó », et ce label a été renouvelé en 2025. La gestion du site a conduit à limiter fortement la circulation motorisée : selon le Grand Site, près de 40 km de pistes ont été fermés et environ 10 000 véhicules par an retirés du cœur du massif.
Le Canigou tient une place centrale dans l’identité catalane. Chaque année, à l’approche de la Saint-Jean, la « Flama del Canigó » est allumée au sommet, puis transmise de relais en relais aux villages du Roussillon et de Catalogne pour allumer les feux de la Saint-Jean. Ces fêtes du feu du solstice d’été dans les Pyrénées sont inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
L’itinéraire par Mariailles et la cheminée
Du col de Jou au refuge de Mariailles
Depuis 2020, la piste forestière qui montait au refuge est fermée aux véhicules dès le col de Jou, sur décision de l’ONF. Il faut donc garer la voiture au col de Jou et suivre le GR 10 jusqu’au refuge de Mariailles : environ 5 km, 1 h 30 à 2 h de marche et près de 600 à 700 m de dénivelé. Beaucoup de randonneurs choisissent de dormir au refuge pour attaquer le sommet le lendemain matin, frais et dispos.
De Mariailles au pla de Cady
Depuis le refuge, le sentier passe par le col Vert (1 861 m), puis rejoint la vallée du Cady et le refuge Arago. Il remonte ensuite vers le pla de Cady, un vaste replat au pied de la face sud du Canigou, au-dessus de 2 300 m. Le paysage devient minéral et les éboulis apparaissent.
La cheminée et le sommet
La cheminée est un couloir rocheux raide d’environ 70 m de haut, qui mène directement au sommet. Elle n’est pas équipée : on y progresse en s’aidant des mains, sur des prises nombreuses et larges. Sans neige et par beau temps, elle ne présente pas de difficulté technique majeure pour un randonneur au pied sûr, mais le principal danger reste la chute de pierres provoquée par les autres marcheurs. Comptez environ 4 h de montée depuis Mariailles. Au sommet se dresse une croix en fer forgé, installée en 1943 par des scouts de Perpignan.
La descente
Le retour se fait en général par le même itinéraire (2 h 30 à 3 h jusqu’au refuge). Si vous ne souhaitez pas désescalader la cheminée, le refuge de Mariailles conseille de descendre par la voie normale vers le chalet-refuge des Cortalets, puis de revenir par les crêtes du Barbet. Cette option rallonge la journée : prévoyez-la dès le départ.
La variante plus facile : la voie normale depuis les Cortalets
Le versant nord, depuis le refuge des Cortalets (2 150 m), permet de rejoindre le sommet sans passer par la cheminée : environ 2 h de montée pour 640 m de dénivelé. C’est l’itinéraire le plus fréquenté. Mais le refuge lui-même ne s’atteint plus en voiture : la marche d’approche demande environ 3 h 30 depuis Los Masos de Valmanya, et davantage depuis Fillols ou Villerach.
Accès et parking
- Côté Mariailles : depuis Prades, rejoignez Vernet-les-Bains puis Casteil, et montez au col de Jou par la route. Le parking du col est le point de départ obligé, la piste de Mariailles étant fermée aux véhicules depuis 2020 (des ouvertures ponctuelles ont parfois été annoncées : renseignez-vous auprès du refuge).
- Côté Cortalets : plusieurs parkings permettent de monter à pied au refuge, dont Los Masos de Valmanya, le col de Millères (Fillols) ou le Mas Malet (Villerach). Les pistes forestières du massif sont soumises à un plan de circulation réglementé par arrêté préfectoral.
- Motorisés : l’accès motorisé au cœur du massif est strictement encadré. Ne vous fiez pas à d’anciens topos qui décrivent un départ en voiture depuis les Cortalets ou Mariailles.
Conseils pratiques
- Condition physique : l’ascension depuis le col de Jou est longue. Si vous la faites dans la journée, partez très tôt ; sinon, réservez une nuit au refuge de Mariailles ou des Cortalets.
- Équipement : chaussures de randonnée montantes à bonne semelle, coupe-vent, vêtements chauds, gants pour la cheminée, lampe frontale. En début de saison, des névés raides peuvent imposer crampons et piolet.
- Casque : il est utile dans la cheminée, où les chutes de pierres sont le principal danger. Ne vous engagez pas sous un groupe et prévenez en criant « pierre ! » si vous en faites tomber une.
- Eau : au moins 2 litres par personne ; les sources sont rares au-dessus des refuges.
- Météo : le Canigou est très exposé au vent et aux orages, qui se forment vite en été. Renoncez au sommet en cas de brouillard ou d’orage annoncé.
- Respect du site : restez sur les sentiers, remportez vos déchets et respectez les troupeaux en estive.
Pour bien préparer cette course, consultez aussi nos conseils pour randonner en altitude en toute sécurité.
Questions fréquentes sur le pic du Canigou
Combien de temps faut-il pour monter au Canigou ?
Environ 4 h de montée depuis le refuge de Mariailles, auxquelles il faut ajouter 1 h 30 à 2 h depuis le col de Jou. Depuis le refuge des Cortalets, par la voie normale, comptez environ 2 h.
La cheminée du Canigou est-elle dangereuse ?
Elle demande d’utiliser les mains mais ne présente pas de difficulté technique majeure par temps sec et sans neige. Le risque principal est la chute de pierres. Les personnes sujettes au vertige peuvent choisir la voie normale par les Cortalets.
Peut-on monter au Canigou en voiture ou en 4×4 ?
Non : l’accès motorisé au cœur du massif est réglementé et les pistes vers les refuges sont fermées à la circulation. Il faut monter à pied depuis les parkings situés plus bas.
Quelle est l’altitude du Canigou ?
Le pic du Canigou culmine à 2 784 m d’altitude.
D’autres idées de randonnée
Dans les Pyrénées, ne manquez pas le cirque de Gavarnie et la Brèche de Roland, deux sites majeurs des Hautes-Pyrénées. Pour trouver d’autres itinéraires, explorez notre carte des plus belles randonnées de France.
Photo d’illustration : Catherine Leclert sur Pexels.




